PARIS Crue de la Seine 6 JUIN 2016

PARIS Crue de la Seine 6 JUIN 2016

Pic à 6m40

PARIS Crue de la Seine 6 JUIN 2016.Alors que les eaux atteignaient ce samedi 4 Juin 2016 leurs plus hauts niveaux à 6 m 40, la Seine amorçait sa décrue peu après et redescendait ce lundi matin à 5m50. Le temps était doux, océanique, la lumière blanche et mélancolique, une  étrange atmosphère et un calme inhabituel s’étendaient sur Paris. Quand je suis arrivé au pont Alexandre III, en fin de matinée, les quais inondés étaient bien sur fermés et le flot habituel des véhicules s’en trouvait tari, offrant un contre-point à la montée du fleuve. L’ atmosphère était particulière, peu de bruit, peu de gens, une douceur humide et fraiche, les senteurs doucereuses  de la crue et son étrange lenteur apparente alors que le flux décroissant, se montrait véhément aux piles des ponts, où le courant se laisse percevoir. Je remontai le fleuve impassible guidé par ces calmes clameurs. Je remontai Rive Gauche jusqu’à la statue de la Liberté, puis amorçai la descente Rive Droite sous la même lumière. Quand je retrouvai mon point de départ en milieu d’après-midi, le ciel se désunit, et juste avant Concorde, les nuages se déchirèrent, laissant apparaître un ciel bleu d’Addis Abeba et un soleil chaleureux. D’un coup c’était l’ été, les fantasmagories du matin se dissipèrent, les sensations de l’après midi de Juin retrouvaient leur céans et la puissance inaugurale des coeurs joyeux. Au loin une fumée noire pourtant signalait un incendie, le Louvre peut-être. Effectivement le Louvre flambait, incendie dont les pompiers se rendirent maitres rapidement, je repassai Rive Gauche. Le Pont Neuf était somptueux, la Seine très large et d’un marron jaune que les peintres du XIX ont su rendre plus lumineux, moins terreux alors que la Seine parait hivernale et que ce souvenir visuel ne cessa de me hanter. Sur le Pont neuf, la vue est surprenante et poétique, la pointe de l’Ile est envahie, quand l’eau du fleuve devient opaque et lente, une substance s’est emparée de la fluidité, transformant son aspect et son cours. la Seine languide approche la jetée des ponts et joue à être aussi large que la Néva. Ici point de ponts levants et de Potemkine à l’abandon, l’effilement de la vision qui file sous les ponts rapproche les cafés, les bâtiments de la surface des eaux. Bonheur du promeneur, la ville s’est assoupie sous le soleil et danse nonchalante dans ses reflets, un air de fête se joint à une envie de bière fraiche… Jusqu’au soir, je marcherai dans les tohu- bohus à nouveau triomphants, la ville d’un coup s’éveillant, pour atteindre les ponts où coule le Seine, dès la chute de la lumière. PARIS Crue de la Seine 6 JUIN 2016

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