LYCÉE JACQUES DECOUR.

LYCÉE JACQUES DECOUR, MISSION PATRIMOINE.

Ce reportage photographique m ‘a été commandé en renfort de l’étude de diagnostic patrimonial de la cité mixte régionale Jacques Decour à Paris. Il a pour but d illustrer les propos à venir des architectes et paysagiste qui conduisent cette mission importante.

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Séverine Queuille, architecte du patrimoine, définit cettte mission comme suit

« dans le cadre du grand projet de réhabilitation et de rénovation du collège-lycée Jacques Decour, la réalisation d’un diagnostic patrimonial permettra d’inscrire l’avenir du site dans la continuité d’un héritage culturel, poétique et humaniste.

 Le diagnostic porte sur l’architecture des bâtiments, les aménagements intérieurs et extérieurs, les éléments de mobilier et les matériels pédagogiques et collections remarquables (bibliothèques, instruments scientifiques, moulages de bustes en plâtre, animaux empaillés).

 Le lycée Jacques Decour. Le collège Rollin est un lointain héritier du collège Sainte-Barbe fondé dès le XVème siècle. L’architecte Napoléon Alexandre Roger construira entre 1876 et 1878 cet ensemble qui, à l’époque de son ouverture, était aussi un internat. La cité scolaire Jacques-Decour compte environ 2000 personnes, collégiens, lycéens, étudiants, enseignants, personnels de la vie scolaire, d’accueil et de service, d’administration et de direction, qui y vivent ou y travaillent, formant ainsi une petite ville ! Le site comprend également un théâtre, une chapelle, une piscine.

C’est le plus grand lycée parisien.

Jacques-Decour était professeur d’allemand au collège Rollin. Résistant, il est fusillé en 1944. Le lycée qui a perdu plusieurs élèves pendant la guerre sera rebaptisé Lycée Jacques Decour en souvenir du professeur très apprécié de ses élèves et de ses collègues.

 Napoléon Alexandre Roger (1806-1883) est un architecte français, élève de Hurtault et Moutier, médaillé de l’École des beaux-arts, Il est Architecte de la ville de Paris de 1833 à 1872, médaillé aux expositions internationales de Vienne et Paris.

« Le lycée Jacques-Decour est issu du collège Sainte-Barbe de l’université de Paris fondé dès le xve siècle, et de sa séparation en deux établissements après la Révolution : le collège Sainte-Barbe-Nicolle, rue des Postes, et le collège Sainte-Barbe-Lanneau, rue Cujas. Il a pris successivement les noms de collège Sainte-Barbe (en 1821), collège Rollin (en 1830), lycée Rollin (en 1919) et enfin lycée Jacques-Decour (en 1944). C’est le seul lycée parisien à avoir été rebaptisé à la Libération du nom d’un de ses professeurs résistant1. La cité scolaire Jacques-Decour – un collège, un lycée et des classes préparatoires scientifiques et commerciales – accueille aujourd’hui environ 1 700 élèves.

Le bâtiment de l’avenue Trudaine.

Le bâtiment actuel, qui comporte quatre cours, une chapelle, un théâtre et un musée, occupe 3 hectares et demi. Il fut construit entre 1867 et 1876 par l’architecte Napoléon Alexandre Roger (1806-1883)11 sur l’emplacement de l’ancien abattoir de Montmartre.

Après avoir porté le nom de Charles Rollin (1661-1741), historien, professeur et chancelier des universités, il prit en 1944 celui de Jacques Decour, nom de résistance de Daniel Decourdemanche (1910-1942), professeur d’allemand, écrivain et résistant fusillé en 1942 au Mont-Valérien. On lit chaque année depuis la libération sa lettre d’adieu à ses parents avant d’être fusillé par les Allemands.

L’orgue de la chapelle.

L’orgue de la chapelle du lycée construit en 1893 subit des dégâts considérables et resta muet pendant trente ans. De 1974 à 1982, Bernard Manguin, professeur de musique, mena une équipe d’élèves passionnés pour reconstruire un « grand orgue » dans la chapelle de l’établissement. Le facteur d’orgue Swiderski harmonisa l’instrument. Inauguré en 1982, l’orgue comprend 20 jeux répartis sur deux claviers manuels et pédalier. L’organiste titulaire du lycée est Boris Lefeivre, président de l’« Association des Amis de l’Orgue »13, qui organise des récitals d’orgue et des concerts dans la chapelle. Dans le cadre du 250e anniversaire de la mort de Jean-Sébastien Bach, l’intégrale de son œuvre pour orgue y fut interprétée14.

D’hier à aujourd’hui.

En décembre 1967, Maurice Najman (1949-1999) y fonda les Comités d’action lycéens (CAL), qui jouèrent un rôle central durant les événements de mai 6815.

Les « années soixante-huit » au lycée Jacques-Decour se caractérisèrent surtout par une tendance dadaïste-libertaire fortement inspirée par les situationnistes, sensible dès 1967 et qui se poursuivit dans les années soixante-dix. En Mai 68, le lycée fut occupé jour et nuit. Des salles de cours furent baptisées Antonin ArtaudAndré Breton et Tristan Tzara. Au cours des années qui suivirent, une communauté de lycéens occupants s’installa secrètement dans les caves de l’établissement, renommées « Ravachol-City » en l’honneur du célèbre anarchiste16. En 2017, deux étudiants, Ricardo Monteiro et François Wu, remirent à jour l’existence de la cité perdue « Ravachol-City »

En 1974, par une initiative ministérielle novatrice d’initiation à l’informatique pour élèves et enseignants intéressés, le lycée Jacques-Decour fut éligible à l’opération dite « Expérience des 58 lycées »17 : utilisation de logiciels et enseignement du langage de programmation LSE18, en club informatique de lycée19, pour 58 établissements de l’enseignement secondaire20. Quelques enseignants de diverses disciplines furent formés à la programmation informatique. L’établissement fut doté d’un matériel informatique ultra-moderne pour l’époque21 (mini-ordinateur CII Mitra 1522 avec disque dur, lecteur de disquettes 8 pouces, plusieurs terminaux écrans claviers Sintra TTE, téléimprimeur Teletype ASR-33 (en)) pour mettre en œuvre une démarche pédagogique expérimentale.

En mai 2009 fut apposée, dans la cour du lycée, en présence de Simone Veil dont le père, André Jacob (1890-1944), avait été scolarisé à Jacques-Decour, une plaque portant les noms des 27 lycéens juifs, dont 26 sont morts en déportation et un fusillé pour faits de résistance, Julien Selonczyk23.

Fin 2009 un accessit24 fut décerné au lycée Jacques Decour dans le cadre du « Prix des droits de l’homme René Cassin » par la Commission nationale consultative des droits de l’homme conjointement avec le ministère de l’Éducation nationale pour son travail « 27 janvier : commémoration de l’holocauste et prévention des crimes contre l’humanité »25.

source WIKIPEDIA,  https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A8ge-lyc%C3%A9e_Jacques-Decour

 

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