INSTAGRAM ou LE PROMENEUR SOLITAIRE

Que dire de ce réseau social devenu au fil des ans, devenu le super fil conducteur de toutes les photographies, le compagnon de tous les photographes, le lieu où se projètent quotidiennement des dizaines de millions d’images, plus ou moins photographies, plus ou moins intéressantes, mais toutes faisant “spectacle”, toutes, y compris le peu de ma production qui s’y coule, comme un matériau différent;

Instagram, j’aime à penser que certaines images sont plus vivantes que d’autres et que les miennes, bien sur en particulier, ont acquis cette vie qui les fait nager en plein  fleuve, en plein océan… et que là, peut-être, aperçues plus que vues par quelques internautes, elles ont su retenir, éveiller l’intérêt, accompagner quelques fractions de seconde ces yeux étrangers, la bas en Chine, en Afrique, sur les îles…

….quelque part de l’autre côté de la terre, à l’autre bout du monde, et c’est bien là ce qui me fait plaisir, me rend complice de ce système, cette séduction des ailleurs, des lointains, pour conforter le rêve essentiel de cette humanité assemblée autour d’immenses feux indolores et rougeoyants, restant toujours ouverts, pupilles à la nuit sans fin, monde aux contours inépuisables, savoir, que , là bas une jeune femme, un adolescent, cet autre que je ne connais pas, communique avec une trace laissée dans l’océan, cette bouteille qui contient mon image, une photo, un message, cette bouteille a été vue, repêchée, et son contenu, lu, vu, approuvé…. et que le coeur s’en dégage, ce like qui vient s’échouer à son tour sur mon écran et s’ajouter aux quelques autres, tout cela me parait étrange et séduisant.

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