LES BRODEUSES DE RUTONGO par Marie Moroni

LES BRODEUSES DE RUTONGO  de Marie Moroni, sont exposées à Central Dupon dans le cadre de l’exposition 24 TheWorkshop, international photography masterclass…du 5 au 27 Janvier.

Il faut un certain courage et un engagement certain pour braver les peurs qui agissent ce monde en allant s’enquérir des femmes rwandaises et se rendre à Rutongo, aux abords de Kigali afin de témoigner et de partager dans une certaine mesure l’interrogation prégnante, la question qui court sous les portraits exposés, “Que sont devenues ces Femmes, après le désastre majeur vécu par le pays? Le prétexte documentaire, la reprise des ateliers de broderie, a été vite supplanté par le choc du témoignage humain: vouloir regarder ces femmes au fond des yeux…sans Fascination morbide (l’imagerie nauséeuse), mais en accords (l’image claire et sensée ). Ces cinq portraits sont évidemment le témoignage d’un “drama” mais sans pathos, lus dans leur regard . Ces cinq brodeuses entrent dans un dialogue avec la photographe , un passage s’est créé et un constat se fait, peut -être aussi une “délivrance” pour que soit “dépensé” une part de la souffrance, acte fondateur de l’échange.. et que puisse renaître une liberté. Que ne leur a- t il fallu,, à ces femmes, au fond de dignités et de courages, pour se tenir, dans ce regard, présences au lourd silence , devant l’objectif…Nul doute que Marie Moroni, n’ait été touchée en retour de cette expérience qui témoigne secrètement ici et fait sens en donnant chair à l’etymon du mot sympathie, “souffrir avec” comme en nouant nos yeux à l’insondable destin de la guerre et son absolue déraison. Nulle doute que ce témoignage n’apparaisse comme un soutien à celles qui ont traversé tant de drames tus et funestes au silence coupable, condamnant par la même toute parole libre pouvant aider à un début de renaissances. Ces images sont issues d’un combat contre l’oubli, pour témoigner d’un partage et aider au surgissement de la parole, à un retour à la vie. Comment pouvoir vivre après tant d’épreuves, tant de douleurs, regarder en face l’objectif de la caméra, sourire? Non, ces portraits sont traces de guerre et de mort, tout cela au plus profond de la nuit épaisse des regards. Mais par cet acte, grâce à cette relation, le germe d’une libération a eu lieu…Je crois que pour cela, nous devons tous remercier Marie….Humain trop humain.

.©pascaltherme/2017

Publié dans MOWWGLI du 20 Janvier 2017  http://mowwgli.com/7175/2017/01/20/24-theworkshop-les-coups-de-coeur-de-pascal-therme-1/

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