STEPHEN SHAMES POWER TO THE PEOPLE.

STEPHEN SHAMES POWER TO THE PEOPLE,  THE BLACK PANTHERS PHOTOGRAPHIES BY STEPHEN SHAMES

 

SOUS LE COMMISSARIAT DE THE RED EYE, Reçu par la

 

MAISON FOLIE MOULIN DE LILLE ET SON DIRECTEUR OLIVIER SERGENT.

l’exposition est ouverte du 29 Septembre au 6 Janvier 2019

 

STEPHEN SHAMES POWER TO THE PEOPLE. Beaucoup de bruits et de fureurs font partie du contexte social et politique, de la réalité dont Stephen Shames témoigne par son suivi des actions des Black Panthers en pleine irruption contre un pouvoir blanc ségrégationniste et raciste. Le  film documentaire de Stanley Nelson VANGUARD OF THE REVOLUTION retrace sur deux heures ce que fut cette période des années 60, de quasi insurrection contre le pouvoir blanc. Toute la réalité sociale et politique est ici donnée à voir et à entendre. Elle fixe le cadre de l’intervention de ce jeune photographe blanc au côté de Bobby Seal, Huey Newton, d’Angela Davis, George Jackson, Ericka Huggins,  Eldrige Cleaver, David Hilliard, Donald Kox , Elaine Brown et de bien des actions menées contre le peuple noir.

650G_30-c-Stephen-Shames-courtesy-Steven-Kasher-Gallery STEPHEN SHAMES POWER TO THE PEOPLE. ART

August 28, 1971 – Oakland, California, USA: George Jackson funeral at St. Augustine’s Church. Glen Wheeler and Claudia Grayson, known as Sister Sheeba, stand in front. Clark Bailey, known as Santa Rita has cigarette in his mouth. 2nd row: Van Hilliard, known as Van Junior, John Seale (Bobby’s brother back to us), Van Taylor. (Stephen Shames/courtesy Stephen Kasher Gallery)

L’énergie révolutionnaire des Black Panthers se structure déjà autour d’actions d auto- défenses, de surveillances des interventions policières dans les quartiers noirs. L’Amérique connait depuis trop longtemps une violence raciale telle que beaucoup de gens de couleur noire sont assassinés par la police, arrêtés, jugés par des tribunaux a l’unanimité blanche… encore et toujours dans ces années 60. Dans les états du Sud on ne connait que trop ces lynchages effroyables dus au Klu Klux Klan et aux complicités dont il se targue. La domination de classe s’est établie à travers la minorité blanche, donnant tout pouvoir aux élus, la justice est bafouée quotidiennement, la communauté noire est au premier plan, dans un pays où luit depuis toujours la liberté ravie.

Le  parti est fondé en Octobre 1966, Stephen Shames est là, compagnon de route, suivant toutes les manifestations et actions des Black Panthers naissant. La confrontation armée avec le pouvoir blanc est une remise en cause de fait politique de celui-ci. Les Black Panthers vont promouvoir toutes les actions possibles, légales de limitation de la ségrégation afin de développer un programme en dix points que l’on retrouve à l’entrée de l’exposition, reprenant l’ organisation de la communauté noire dans sa lutte contre la pauvreté, le chômage, l’éducation, l’égalité des droits, le droit au logement, à la santé, aux libertés.

 

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©PascalTHERME2018- Stephen Shames Power to the people

“We want freedom. We want power to determine the destiny of our Black Community. We believe that black people will not be free until we are able to determine our destiny.”   «Nous voulons la liberté. Nous voulons que le pouvoir détermine le destin de notre communauté noire. Nous croyons que les Noirs ne seront pas libres tant que nous ne serons pas en mesure de déterminer notre destin.

Stephen Shames suit les Black Panthers pendant sept années, produisant une riche documentation. Ami et proche de Bobby Seal, il photographie les actions et les évènements  qui s’enchainent, documentant objectivement ce que furent ces années, vécues de l’intérieur du mouvement et produisant nombre de photographies “historiques”. Sa qualité de témoin engagé nous permet aujourd’hui de pouvoir lire cette histoire dans sa lumière et comprendre la beauté révoltée des actions entreprises par les Black Panthers dans ces combats où ils seront au final, assassinés par le FBI sur ordre de Nixon. Le directeur du FBI Hoover fait face au Black Panthers Party, identifie le parti comme l’ennemi intérieur. Il plonge l’Amérique dans une répression sans précédent, qui rend ce devoir de mémoire d’autant plus nécessaire qu’il en redevient actuel, en bien des égards, avec ce qu’il se passe aujourd’hui dans l’Amérique de Trump, ségrégations et réplications de ces années 60.  Rien n’a changé au pays de l’oncle Sam, tout y est agi par ces dépressions qui touchent le pouvoir et instille de nouveau un climat irrespirable; de nouveau surgissent haines, mensonges, manipulations, accusations, chasse aux sorcières, tous ces fantômes initiés par le Maccarthysme et la peur des Rouges, un ralliement aux conflits de classes.

 

…  le rêve américain n’en finit pas de  se déliter au delà de ses crimes. Le livre co écrit avec Bobby Seale, (toujours vivant) dans le but de rétablir une vérité historique et révolutionnaire n ‘a pu être édité aux USA. Censure et pressions ont prouvé leur efficacité, encore maintenant, le brulot est actif.  Enfin, de l’aveu de Stephen Shames  et de Bobby Seale, ce livre a été  « créé… avec le futur en tête. Nous pensons qu’un retour sur le rôle du Black Panther Party pendant les turbulentes années 1960 nous aidera à mieux comprendre le présent et peut-être à faciliter un avenir meilleur ».  “Le livre se termine par d’autres photographies récentes de Shames tirées de l’actualité de Black Lives Matter et des manifestations de brutalité policière; et de conclure :«En matière  d’éradication du racisme, nous pouvons tous apprendre de l’exemple des Panthers». et bien plus semble t-il…

 

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©Stephen Shames Power to the people

 

” Durant sept années, ses images participent au combat d’émancipation sociale et politique de la minorité noire. Prises de l’intérieur du mouvement même, elles dressent le portrait d’une organisation politique ouverte et fraternelle redéfinissant les termes même de la modernité du combat politique. Aux prises avec l’establishment officiel américain, avec l’appareil judiciaire et policier (FBI), le parti tente malgré une pression de tous les instants d’inventer des formes de contrepouvoir. La répression souvent sanglante et les divisions mettront fin à une expérience unique de défense des droits d’une minorité… ” relate le Dossier de Presse.

L’exposition de Stephen Shames implique une question: dans quel rôle se trouve la photographie quand elle s’inscrit dans une réalité politique et historique dont la surface dépasse, des années après les évènements décrits, la capacité de perception des réalités dont elle témoigne?

 

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Vaqnguard of the revolution- Stanley Nelson

 

la photographie de Stephen Shames est héritière de la Photo League, ce mouvement photographique de la Côte Est des Etats-Unis, qui dès les années quarante considère la photographie comme un engagement en faveur des déshérités. Dans une forme retenue, éloignant l’étouffant souffle épique, Stephen Shames s’inscrit dans le meilleur de la tradition de la photographie documentaire. Le réel vrai est en permanence confisqué et masqué par la censure, le spectaculaire ou une conception spirituelle du médium.” écrit François Cheval.

Au delà, il est utile, de voir le film Vanguard of the révolution , magnifique documentaire, irradié des photographies de Stephen Shames et de documents d’actualité pour situer correctement ce qu’étaient les pratiques racistes de la police et du quotidien de la communauté noire. Vanguard of the révolution inscrit toute la trajectoire des différentes personnalités du Black Panther Party, une histoire des drames de fait, assassinats, meurtres, emprisonnements, discrédits, instigués par Hoover, puis par Nixon. Le projet de l’état américain, du White power est de détruire l’avant garde révolutionnaire de la communauté noire, comme à travers elle, l’avant garde des minorités et plus largement celle des classes opprimées, ce en quoi, ces luttes échappent politiquement à la seule question raciale pour devenir une des questions fondamentales de la révolution, dont l’époque a porté la nécessité politique à travers le combat et le rêve. Mai 68 en France, résonne logiquement, comme tous les mouvements qui avaient pour but La Révolution, le renversement de l’état bourgeois et la re-fondation d’une Communauté Humaine Ouverte et Pacifiée, hors des classes sociales. Le Black Panther Party portera triomphalement les programmes améliorant au sein de la communauté noire les questions de la Santé, de l’Éducation, de la nourriture. Free Breakfast for children en est un exemple remarquable.

 

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©Stephen Shames Power to the people

 

 Le Black Panthers Party a la beauté noire des insurgés, avec son style vestimentaire, béret vissé à la Tché, coupe afro, manteau de cuir noir, lunettes fumées, et son côté solaire, vengeur, romantique, la beauté du diable, black is beautifull. Les Panthers créent leur journal, (voir les originaux dans les vitrines), plus de cinq cents numéros paraitront, organisent la propagande, prennent la parole en public, dans les églises, dans les meetings, dans les assemblées et les rassemblements contre la guerre du Vietnam, enflamment toute une jeunesse, nouent des amitiés avec les milieux intellectuels, bref défendent les principes de justice, d’égalité, de combats. Le party croit à travers le souffle de milliers de noir(e)s qui se retrouvent entièrement dans son programme et viennent resserrer ses rangs, un souffle épique en nait, une force sociale et politique s’impose, partout et dans la rue. L’état prend peur politiquement, le FBI est chargé de casser par tous les moyens se mouvement de libération intérieure, qui est une révolution en marche. Si, de plus, le pont se fait avec les plus pauvres, avec les autres minorités, si le BPP radicalise politiquement et organise toute la contestation, l’état tangue, prend peur, traite les Panthers de terroristes, déclare secrètement une guerre sans précédent, au mépris de la Constitution et des lois… 

« (le journal The Black Panthers) est l’une des opérations de propagande les plus efficaces du Parti. (…) Si l’on peut bâillonner sa voix, cela permettra de l’affaiblir » — John E. Hoover, Directeur du FBI.

D’autant que le journal s’avère la première source de financement du BPP, la « newsletter » concise de quatre pages (The Black Panthers Black Community News Service) devient ” un journal complet de 24 pages en l’espace d’un an. En 1970, sa publication varie de 125.000 à 139.000 exemplaires par semaine. Au total, on dénombre plus de 500 numéros.”

C’est l’heure de la contestation générale contre le Vietnam, la lutte plus pacifiste pour les droits, avant l’assassinat de Martin Luther King ( 4 Avril 1968 ) la remise en cause du leadership et de la société blanche, mais le BPP répond au racisme non par le racisme, mais par l’ irradiation politique et la lutte anti-capitaliste, fraternités des contestations et des mouvements qui se rejoignent, dans un projet de libérations et de renversement des valeurs qui produisent le racisme,  contre l’absolutisme de Nixon et sa réponse de classe.

 

 

A quelques cent vingt années de distance du génocide Indien, une lutte à mort s’est engagée entre la montée en puissance de la capacité insurrectionnelle et politique du BPP, qui se structure dans tous le pays pour renverser l’état, et ce pouvoir blanc aux abois, déchirant sa constitution, reléguant ses lois au placard, utilisant toutes les armes pour le détruire. Curieusement le film donne cette surface entière de l’Histoire, film fait des photographies incendiées de fierté, de contestation et de joies, de larmes et de sang, de toutes les photographies, de toute la mémoire de ces longues années, entre autres, s’étant nourries des évènements tragiques ou joyeux.

L’exposition et la puissance du travail de Stephen Shames atteint sa pleine compréhension , sa pleine puissance, dans le relais enthousiaste que sa photographie établit entre sa propre voix et celle de tout un peuple, de tout un mouvement et notamment, encore plus actuelle, dans la possible germination d’un retour à cette fureur politique noble, ayant soif de justice, d’équité, de liberté…

les Black Panthers sont bien des héros modernes, des militants révolutionnaires du Nouveau Monde, combattant au delà de toutes les injustices le système capitaliste qui en est la cause et qui dévoile sa sauvagerie, son indécence, sa bestialité dès que l’illusion démocratique, habilement orchestrée, cesse de fonctionner comme régulateur de l’exploitation et de la domination.

La Marchandise s’impose comme une dictature dans la réification et l’abolition de toute notion de sujet. L’américain, hors du premier acte politique qui l’établit en tant qu’américain, dans l’ordre “BUY”, ne peut se saisir en tant qu’être pleinement libre; un simulacre de liberté lui est octroyée à travers le prisme du faux semblant démocratique, le consumérisme établissant l’Avoir sur l’Être… Cette liberté se renouvelle dans l’acte insurrectionnel où elle refonde toute la notion de Sujet, sujet de l ‘Histoire et fiertés de  se sentir Homme Libre …

C’est au fond toute l’énergie révolutionnaire des Black Panthers, qui se consacrent totalement au projet de ne plus être les victimes du super White Power, mais les acteurs de leur propre liberté. C’est pourquoi Ils deviennent ces Héros du quotidien, que sublime et raconte la photographie de Stephen Shames. L’exposition montre beaucoup de manifestation pour la libération des différents membres du groupe incarcérés, sous de fausses dépositions. Ici Huey Newton, membre fondateur, accusé du meurtre d’un policier.

« La révolution a toujours été entre les mains des jeunes. Les jeunes seront toujours les héritiers de la révolution. » — Huey Newton

 

 

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©Stephen Shames Power to the people

 

L’exposition est connue aussi, au delà de son manifeste politique, comme une propédeutique didactique sur tout ce que fit le BPP pour la communauté, que ce soit  Free Breakfast for school children program, ”le programme des petits déjeuners; “aucun enfant ne devrait aller à l’école la faim au ventre” Bobby Seale,  les soins gratuits, l’éducation, la Justice, le droit.

L’exposition connait donc cinq chapitres , Diriger, Rassembler, lutter, communiquer, protéger. Elle se nourrit de toute situation, événement, photographié et raconte….dans cette transparence subjective, tout ce qui est entré dans le champ révolutionnaire de l’Histoire.

La clarté formelle des cadrages, la pertinence des points de vue, depuis l’intérieur des manifestations, la parfaite maitrise de  la lumière, libèrent la parole profonde du photographe, dont l’oeil est toujours pertinent pour ne pas s’imposer. Aucun effet, aucun signe parasite, aucun tic ne viennent troubler une photographie claire, offrant sa transparence à la portée des faits comme au relais de cette voix intérieure, noire, vibrante, conquérante, sensible, signes de toute l’adhésion et la portée de l’engagement du photographe. Cet oeil est le relais de l’Histoire, une Camara Clara, un regard clair, de ce que furent ces héros, ces symboles d’une révolte, ces artisans d’un contre-pouvoir juste, se heurtant sans cesse à la violence de classe du pouvoir blanc.

Les faits tragiques sont exposés ici pour que nous aussi, en soyons témoins. Un relais se fait au delà des tentatives de museler l’aspiration de se dresser contre les injustices: une libération de la parole est en cours. merci à Stephen Shames, à The Red Eye, à La Maison Folie Moulins… 

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©Stephen Shames Power to the people

August 28, 1971 – Oakland, California, USA: George Jackson funeral at St. Augustine’s Church. Glen Wheeler and Claudia Grayson, known as Sister Sheeba, stand in front. Clark Bailey, known as Santa Rita has cigarette in his mouth. 2nd row: Van Hilliard, known as Van Junior, John Seale (Bobby’s brother back to us), Van Taylor. (Stephen Shames/courtesy Stephen Kasher Gallery)

Gil Scott Heron Winter in America:   https://www.youtube.com/watch?v=vwroXipjN98

http://maisonsfolie.lille.fr/

http://the-red-eye.fr/

https://www.saveca-artandpaper.com/portfolio/power-to-the-people-black-panthers/

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Power to the People, livre de Bobby Seale et de Stephen Shames

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