2 photographies issues du livre Alain Keler paru aux éditions Delpire, présent dans la rétrospective.

ALAIN KELER RÉTROSPECTIVE – MYOP

 Cette RÉTROSPECTIVE commence par ses images de jeunesse , ses
grands reportages pour les agences Sygma et Gamma, jusqu’aux projets de
photographies sociales dans les communautés Roms de Slovaquie ou dans la Creuse.
Alain Keler photographie le monde en grand reporter dont l’investiture de Nixon en 1973, le Chili en 1974, un
an après le coup d’État, le retour de Khomeiny en Iran en 1979, les réfugiés éthiopiens
en 1985, le conflit israélo-arabe, la Chine de Tiananmen en 1989… Certaines sont
devenues cultes : celle du soldat russe à Grozny, en Tchétchénie, jouant du piano au
crépuscule en janvier 1995, ou encore celle des prêtres donnant la confession sur les
chantiers navals Lénine à Gdansk en septembre 1980.

Cette rétrospective dévoile pour la première fois l’essentiel de son œuvre : de ses images de jeunesse aux grands reportages pour Sygma et Gamma, des séries au long cours sur les minorités de l’ex-bloc communiste ou sur la discrimination des Roms aux récits familiaux.  » DP

L’exposition arlésienne réunit quelque 160 tirages en noir et blanc, réalisés selon le procédé piézographique. Elle se poursuit jusqu’au 4 octobre 2026, sous le commissariat d’Olivier Monge. Elle connaît un vif succès : plus de 50 000 visiteurs à ce jour, selon les chiffres avancés par l’agence Myop, dont Alain est un membre fondateur éminent. C’est dire le succès de cette immersion du photographe dans l’Histoire et dans les zones de conflits.

Il est alors équipé de son Leica et de films noir et blanc. Les agences lui demandent de photographier en couleur et au téléobjectif. En plus de cette commande, il photographie en noir et blanc et pour lui même les scènes de guerre qui lui semblent importantes à retenir, à montrer. Il est un témoin imparable de la violence guerrière de l’histoire et des morts qui l’ont accompagné tout au long de ces décennies. Sans voyeurisme, sans monstration, Alain Keler a forgé un témoignage digne. C’est celui d’un homme plongé aux racines des mouvements de foule, des scènes de deuil, de déportation, d’arrestation, d’élections truquées. Beaucoup de ses photographies sont issues de conflits guerriers, de l’Iran à l’Arménie, de la Cisjordanie à Gaza, du Kosovo à la Crimée, du Guatemala à la Russie…Sans oublier le monde libre : le travail sur le delta du Mississippi, Juke Joint Blues, ou Israël. Il y eut aussi le mouvement Solidarnosc en Pologne, l’Irlande du Nord, le Portugal, le New-York de sa prime jeunesse. ( lire mes articles précédents un jour puis un autre, America)

 

  https://www.rencontres-arles.com/fr/expositions

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Dans cette problématique, eu égard à sa mère, fuyant la Pologne désormais envahie par la Russie soviétique, migrant vers la France pour s’installer en Auvergne à la fin de la dernière guerre, Alain Keler est un enfant de l’exil et de l’immigration. N’y a-t-il pas aussi dans son œuvre de photographe sur 60 ans, la situation des chocs de l’Histoire dans la traduction des personnages et leur propre histoire, la réfraction de tout un imaginaire touchant à la fuite, au départ, à l’exode, à l’exil, comme on le voit dans certaines de ses photos de départs immédiats, photographies de valises toujours prêtes, de personnages solitaires empruntant une route vide ?  n’est-ce pas aussi une raison profonde qui fait sens au fond du constat qu’établissent ces images venues du fond de l’Histoire et qui voyagent aussi, irrémédiablement en nous, comme si Alain avait réussi à nous entrainer au plus loin de sa destinée , dans le souffle prométhéen de son aventure, à cet avers du monde qui apparait au terme de sa photographie dans tout son sens. L’image est devenue métaphore, preuve de vérité. Elle joue avec notre imaginaire, miroir au cri strident.

 

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Alain Keler- rétrospective Arles 2026

 

L’acte photographique se nourrit de cette recherche d’une solidarité. entre les les êtres, ces personnages qui passent si vite entre les vues du photographe et qui appartiennent à ce fond de Misérables actuerls touchés par la disgrâce des évènements. Alain Keler s’éprend, avant même que les films ne soient développés, de l’ inertie de ceux qu’il a croisé, photographié. Qui sont ils, que deviennent-ils, où vont-ils, questions restées souvent sans réponse, et dont l’inquiétude repose toujours au fond de ces images quand il a croisé ces regards de chiens perdus.  Sans doute faut-il chercher en soi tout l’espoir possible au plus profond de soi pour passer les peurs et les angoisses liées à la mort, aux exécutions sommaires, aux emprisonnements, à tout ce qui se pratique d’horreur en ces temps corrompus.  Si, un jour nous nous sommes retrouvés victimes d’un préjudice, d’une persécution, d’une voix de fait, d’une agression, alors nous entrons dans ce panthéon des blessés de Keler, nous sommes ces visages qui voyagent, apparemment impassibles ou transpercés par l’inquiétude, une fraternité en découle, il nous appartient de nous insurger et c’est à mon avis ce en quoi la photographie d’Alain Keler est précieuse parce qu’elle permet l’identification, ce « je est un autre », cette solidarité des rejetés, des proscrits, de ceux qui savent ce que le mot souffrances signifie dans leur chair. L’humanité de Keler rejoint son humanisme, il partage, il est un ces justes qui s’échappent pour témoigner, il est un évadé, hors des camps de rétention, des prisons hurlantes, c’est un homme libre, qui ne fuit pas ses origines.

Où se situe le début de l »Histoire, quand a t-il commencé, question de l’origine, origine de la question à laquelle semble vouloir répondre l’œuvre et le témoignage kélérien sur 60 ans, cette période de plus d’un demi-siècle ou son oeil élégant trace une autre route dans le destin des partages qui n’occultent rien, qui interpellent vivement ce que nous sommes encore aujourd’hui: les témoins  complices d’un temps des assassins ( Miller sur Rimbaud)  et que le constat de cet état du monde ne cesse en réalité de demander réparation, et ce, depuis l’abjection de ce temps de l’holocauste et du renversement de la Condition Humaine. 

Alain Keler écrit, renseigne, commente, s’interroge, répond aux questions qu’il se pose. Ces textes en marge des prises de vues sont d’un grand intérêt car ils participent de sa photographie, ils ‘éclairent, racontent, entre roman et documentaire ce qu’il se passe autour, avant, pendant ce s temps du voyage, de l’immersion et des évènements qu’il traverse…

 

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Une autre injonction, tout aussi historique mais plus actuelle, est venue jouer avec le jeune photographe de Mai 68. C’est le pouvoir littéraire des auteurs-compositeurs de gauche, Brel, Brassens, Ferrat, Ferré et bien d’autres, celui  également de l’influence de la Beat Generation. Elle aussi voulait déplacer le monde et faire révolution, ici et ailleurs, sous le ciel muse. De là vient sans doute l’attraction new-yorkaise dans son aventure, car Alain Keler est aussi écrivain du quotidien. Il arpente sans cesse le théâtre de Manhattan, de la Saint-Patrick aux manifestations contre le Watergate. Il croque la ville en plein vertige, se confronte à l’immigration, travaille au noir, se fiance, vit à cent à l’heure et, comme un Blaise Cendrars, ou comme un des personnages de Manhattan Transfer de Dos Passos, croque the Big Apple dans une effervescence d ‘auteur, de romancier. (Lire mon article sur America, paru aux éditions de Juillet.

C’est ensuite que le théâtre du monde en fièvre requiert sa présence.

 

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Alain Keler a un vrai talent de conteur, textes et photographies; c’est un voyageur du pays voyagé, de l’autre côté du miroir, du coté de l »image, arrêtée dans sa course comme un soleil à son apogée, un enfant de l’instant décisif. On le retrouve encore aujourd’hui dans toute son actualité, quand il raconte d’une voix assez joueuse et profonde ces petites histoires au climat si proche du nôtre, dans la transparence du temps. Son humour nous rend toujours à nous-mêmes. Il avoue la simplicité des faits qui s’enchaînent et tissent ces fragments de quotidiens, si intensément contagieux. Ces textes sont toujours incroyablement intéressants, productifs, documentés. Sa voix se superpose à cet œil, qui inscrit sa proverbialité dans la chair de ces noirs et blancs intenses, solaires, funèbres, parfaits de rectitudes et de religiosités attentives. Le journal d’un photographe est une sorte de fièvre contagieuse, pour qui veut s’aventurer de nuit à la rencontre de la Condition Humaine, en ces années tragiques dont l’oubli est écarté si intensément par sa photographie. Impossible d’oublier…. le tragique des situations est un élément dramatique dans une dramaturgie sans pathos, légère comme le vol d’un oiseau, aussi funèbre,  faisant pointer ce crieur du devoir dans sa robe noire. L’oeuvre kélérienne, en un certain sens rappelle à ce devoir qu’est la vie , sacrée dans son intensité, joyeuse dans sa poétique, impériale dans ces devoirs à protéger le Vivant, ainsi nue devant la Vérité, indéfectible devant le constat, voyageuse dans l’oeil complice de ses contemporains, vivante plus que vivante, toujours vivante.

Paris, le 23 Septembre 2026

 6 juillet 2026 – 4 octobre 2026  Horaires d’ouverture: 09H30 – 19H00   Les Douches Municipales

https://www.rencontres-arles.com/fr/expositions/2026/alain-keler-retrospective

  Alain-Keler- rétrospective Arles2026 aux Douches, commissariat Olivier Monge.

https://alainkeler.com/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Keler

https://www.myop.fr/

 

 

ALAIN KELER JOURNAL D’UN PHOTOGRAPHE

Un jour puis un autre…par Alain Keler

D’UN JOUR A L’AUTRE par Alain Keler

AMERICA D’ ALAIN KELER

 

 

 

 

 

 

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